Original post here. Sourced via mirrormaskcamera. Original text:
Edouard Chimot, illustration from Les Fleurs du Mal by Charles Baudelaire, 1939
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Edouard Chimot, illustration from Les Fleurs du Mal by Charles Baudelaire, 1939

A slightly cleaned-up version of an image that appeared as a part of a set in this post at Galeria d’imatges X. The illustration is by Xavier Güell. The text is part of a translation of Charles Baudelaire’s Les Fleurs du mal into Catalan by Rossend Llates published at Barcelona in 1926 by Llibreria Catalònia. The displayed text reads
Una Carronya
Us recordeu d'allò que vegérem, mi vida,
aquell mati d'estiu tan dolç;
al voltar una sendera una béstia podrida
damunt d'un llit de pedra i pols?
Cames enlaire, com dona luxuriosa
cremant i suant els verins,
obría de manera cinica i poc curosa
son ventre que esbravava el dins.
El sol irradiava damunt la podridura
com a fi de coure-la al punt,
i tornar l'u per cent a la immensa Natura
de tot el que hi havia junt.
I el cel esguardava la carcassa superba
com una flor que es va a expandir;
La pudor era forta, tant, que damunt del'herba
vos us creguéreu esvanir.
The original French text reads
UNE CHAROGNE
Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux:
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,
Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.
Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint.
Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir;
La puanteur était si forte que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.
Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.
Tout cela descendait, montait comme une vague,
Où s'élançait en pétillant;
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.
Et ce monde rendait une étrange musique
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.
Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.
Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un oeil fâché,
Epiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.
--Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion!
Oui! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez sous l'herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.
Alors, ô ma beauté, dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés!